Les indicateurs de solvabilité à suivre pour réduire le risque des impayés

Afin d’éviter tout risque d’impayés, il est plus que recommandé d’étudier la solvabilité de vos partenaires commerciaux.

Pour ce faire, il est possible d’engager des prestataires externes pour des renseignements commerciaux terrain. Leur but est de fournir un rapport financier complet et une évaluation claire et précise du risque crédit. Vous pouvez également procéder vous-même à l’estimation de la solvabilité d‘entreprise en ayant l’information financière nécessaire.


La solvabilité d’entreprise, qu’est-ce que c’est ? 

La solvabilité d’une entreprise fait référence à sa capacité à répondre à ses échéances financières, à court, moyen et long terme. Notons que la notion de solvabilité est différente de celle de liquidité.

En effet, la liquidité désigne la capacité à honorer des engagements de paiement arrivés à échéance. En ce sens, c’est une solvabilité immédiate ou à court terme.

Ainsi, même si une entreprise est qualifiée de solvable, elle peut également être en manque de liquidité (compte bancaire, caisse) ou de quasi-liquidité (actifs rapidement transformables en argent). 

Dans le cas contraire, cela est aussi possible : une liquidité immédiate peut cacher une insolvabilité à moyen ou long terme (dettes fournisseurs à longue échéance, impôt…).

Avant de vous engager dans une relation commerciale, il est recommandé d’effectuer une étude de solvabilité. Elle permet d’analyser la situation économique, financière et juridique de votre client. Pour ce faire, plusieurs sources sont accessibles telles que les :

  • Registres officiels 
  • Banques 
  • Fichiers de la Banque de France 
  • Agences de notations spécialisées 
  • Entreprises privées spécialisées dans les études de solvabilité
  • Clients et leurs commerciaux

Comment réaliser l’analyse de la solvabilité d’une entreprise ?

Plusieurs métriques permettent de mesurer la solvabilité d’une entreprise. Elles se réfèrent à l’analyse financière :

  • Actifs – Dettes : le client est solvable si le résultat de cette soustraction est positif
  • Endettement total / Total bilan : si ce ratio est supérieur à un, l’entreprise est en situation de faillite ou en grande difficulté
  • Dette nette / excédent brut d’exploitation : ce ratio sert à estimer la capacité d’une entreprise à payer et rembourser ses dettes
  • Excédent brut d’exploitation / Annuité d’emprunt et de crédit-bail : ce taux est très sollicité par les organismes de crédit. Plus il est élevé, plus l’entreprise a la possibilité d’augmenter ses dettes et d’emprunter.

Ces ratios se calculent à partir des éléments du bilan de l’entreprise. Si toutes les entreprises sont toujours tenues d’adresser leurs comptes sociaux au Greffe du Tribunal, la confidentialité est rendue possible depuis la loi Macron de 2015 pour les micro-entreprises, les TPE et petites entreprises sous certaines conditions. Pour celles-ci il est toujours possible de commander des renseignements commerciaux terrain.

En amont, d’autres ratios financiers existent en vue de mesurer le risque financier. C’est aussi le cas concernant les sources d’informations à disposition pour affiner l’étude de solvabilité : information commerciale, information légale, information interne (comptabilité et tableaux de bord des encours clients).

Enfin, les informations financières, commerciales et légales obtenues permettent d’établir le rapport de solvabilité et le scoring d’entreprise.

 

Comment analyser les indicateurs de performance d’un client ?

Afin de mener à bien l’évaluation de la solvabilité de votre client ou de votre prospect, vous pouvez recourir à plusieurs indicateurs de performance, en observant notamment :

  • Les indicateurs de rentabilité : marge d’exploitation, marge nette, excédent brut d’exploitation, poids du chiffre d’affaires quant aux capitaux propres….
  • Les ratios financiers de l’entreprise : capacité de remboursement, liquidité générale, BFR (besoin en fonds de roulement) et endettement
  • Le cash-flow de votre client, autrement dit son solde comptable. Celui-ci permet de jauger sa capacité d’autofinancement
  • Ou encore la croissance du chiffre d’affaires

Ces données sont importantes dans la mesure où elles vous donnent une idée précise de l’état des liquidités de votre client. Elles permettent également de connaître sa capacité à payer ses dettes dans les délais imposés.

 

9 Indicateurs de solvabilité à surveiller

Pour avoir une vision globale de la performance d’une entreprise, vous pouvez vous servir des indicateurs liés aux ressources humaines, au marketing, voire aux dimensions comptables et financières. Ces indicateurs généraux se verront amplifiés par des indicateurs plus spécifiques à l’activité de votre activité. 

1) Le résultat net de l’entreprise

Cela prend en compte la somme d’argent gagnée par une entreprise. Le résultat net comporte le résultat d’exploitation, le résultat financier et le résultat exceptionnel. À ces derniers, il faut déduire les impôts.

Si le résultat net est positif, une entreprise est apte à distribuer des dividendes à ses actionnaires ou faire des réserves. A contrario, si le résultat s’avère négatif, l’entreprise perd de sa valeur.

2) Les liquidités de l’entreprise

C’est une notion essentielle en termes de gestion d’entreprise. Les liquidités désignent l’ensemble des sommes disponibles dans l’immédiat. Il s’agit de l’argent que l’entreprise a à sa disposition : pièces, billets, actifs bancaires et financiers. Cet indicateur permet d’évaluer votre capacité à honorer vos dettes à court terme.

3) Le cash flow

Le cash flow est le flux de liquidité d’une entreprise :

  • S’il est positif, l’entreprise dispose de liquidités 
  • S’il est négatif, l’entreprise est en difficulté et vous devez d’office apporter de l’argent ou réduire vos charges

4) Le besoin en fonds de roulement (BFR)

Le BFR correspond aux sommes qu’une entreprise nécessite afin de couvrir les décalages dans son flux de trésorerie, c’est-à-dire entre ses décaissements et ses encaissements.

Plus les délais de paiement de vos clients sont longs, plus votre BFR augmente, d’où l’urgence de recouvrer rapidement vos créances.

5) Le DSO

Le Days Sales Outstanding ou DSO est lié aux nombres de jours de chiffre d’affaires facturés, mais qui ne sont pas encore encaissés.

Cet indicateur est utile pour définir les besoins en fonds de roulement de l’entreprise.

8) Les capitaux propres

C’est une composante fondamentale d’un bilan comptable. Les capitaux propres permettent d’apprécier la valorisation d’une entreprise : définition, mode de calcul et utilité.

9) Les ratios de solvabilité

Plusieurs ratios entrent en jeu pour évaluer la solvabilité d’une entreprise. Il s’agit principalement des ratios :

  • D’autonomie financière permettant d’évaluer l’endettement
  • D’indépendance financière étant indispensable pour analyser l’équilibre financier de l’entreprise 
  • De liquidité générale servant à évaluer la capacité d’une entreprise à payer ses dettes à court terme
  • De capacité de remboursement mesurant le poids des échéances annuelles des dettes sur les ressources internes de l’entreprise

 

Comment choisir les indicateurs qu’il faut surveiller ?

En vue d’être efficace et pertinent, un indicateur de performance doit répondre à certains critères. Il doit donc :

  • Être spécifique, clair et simple à comprendre 
  • Permettre de mesurer l’atteinte d’un objectif en comparaison au standard fixé au préalable 
  • Éviter d’être trop ambitieux, permettant ainsi d’atteindre des objectifs réalisables 
  • Être délimité dans le temps

 

Solvabilité entreprise : qu’est-ce qu’un rapport de solvabilité ?

Un rapport de solvabilité d’une entreprise expose une cartographie des antécédents en termes de crédit. Il vise à réduire le risque crédit en identifiant les signes avant-coureurs d’incidents de paiement comme le retard de paiement ou le non-paiement.

Le rapport financier, ou rapport de crédit, se compose des éléments suivants :

  • Renseignements juridiques de l’entreprise
  • Procédures collectives
  • Habitudes de paiement
  • Sanctions DGCCRF
  • Score de solvabilité déterminé par des experts financiers

 

6 Astuces pour prévenir le le risque d’impayés

Les impayés, tout comme les retards de paiement, causent préjudice à la santé de votre trésorerie, mais aussi à la poursuite de l’activité de votre entreprise. Alors, comment les prévenir ?

1) Procéder à l’analyse du risque client pour réduire les impayés

Avant de vous engager avec un prospect, il est de votre devoir de vous assurer au préalable de sa solvabilité. Des sites officiels donnent accès à des documents essentiels des entreprises (bilan, rapport de gestion ou encore le compte de résultat).

2) Négocier des acomptes

Négocier des acomptes sur commande avec vos clients, d’au moins 30 % est aussi une autre piste à explorer pour minimiser les impayés. Vous garantissez ainsi que le client possède des liquidités suffisantes pour honorer son premier versement.

3) Recourir au prélèvement automatique

Le prélèvement SEPA est un moyen de paiement dématérialisé. Il permet au créancier de déclencher le paiement d’une facture, libellée en euros, lorsqu’elle est arrivée à son terme. De cette manière, vous avez la possibilité de réduire les impayés et d’optimiser le flux de votre trésorerie. En effet, ce n’est pas le débiteur qui est à l’initiative du paiement, mais bel et bien vous.

4) Mettre en place la culture cash dans l’entreprise

En provenance du monde des affaires anglo-saxon, la culture cash, ou culture financière, se répand progressivement en France. Elle tend à associer tous les collaborateurs de l’entreprise vers un objectif commun : optimiser la trésorerie, moteur de l’activité économique.

5) Envoyer un rappel avant la date d’échéance

Dans certains cas, le retard de paiement est provoqué par un oubli de la part du débiteur. Il est donc indispensable de garder un œil sur les délais de règlement des factures et de signifier à vos clients qu’elles arrivent à échéance. Vous pouvez utiliser des logiciels prévus à cet effet et générant des relances automatiques avant la date d’échéance.

6) Externaliser le recouvrement de créances

Si vous vous rendez compte qu’une facture n’a pas été acquittée, il convient de s’en occuper aussi vite que possible ! Et pour cause, vos chances de recouvrer un impayé s’affaissent jour après jour. Si vous êtes dans cette situation, il est envisageable de faire appel à une société de recouvrement de créances.